NATURISME

Selon la définition internationale adoptée par le XIVe Congrès international INF-FNI (Agde, 1974), le naturisme est :

« une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun, ayant pour buts de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de l’environnement. »

En effet, la nudité collective, dans un cadre familial et sain, où toutes les générations se côtoient, est synonyme de liberté et de plaisir pour les naturistes, qui cherchent à vivre au calme, immergés dans une nature préservée. Toutefois, cette nudité (nudisme) n’est qu’une des composantes du naturisme : la dimension sociale, de respect d’autrui, de tolérance et de convivialité sont très importants. Le naturisme permet notamment à certaines personnes complexées ou handicapées de se sentir à l’aise et de mieux accepter leur corps, et le regard des autres. L’éthique naturiste est également caractérisée par le respect de l’environnement. Certains naturistes parlent de « nudité intérieure » pour designer les bienfaits apportés au psychisme par la pratique naturiste. Auparavant, ce mot a aussi désigné :

  • une doctrine d’Hippocrate
  • au XVIIIe siècle, le culte de la nature
  • à la fin du XIXe siècle, la théorie esthétique prônant une fidélité absolue à la réalité – ce qu’on appelle aujourd’hui le naturalisme.

Histoire du naturisme

Depuis le siècle des Lumières et le mythe du « bon sauvage » de Rousseau, le concept de naturisme et sa mise en pratique ont joué un rôle clé dans notre rapport au corps et l’évolution des mœurs. Les motivations de ses adeptes ainsi que sa symbolique n’ont cessé d’évoluer au fil des époques, l’accent étant mis au début sur les valeurs hygiénistes, médicales, morales et éducatives. Ces valeurs subsistent aujourd’hui mais l’écologie (écologisme) prend de l’importance au sein du naturisme. Notre société le perçoit aujourd’hui essentiellement comme un loisir de vacanciers, mais ignore tout ou presque de son histoire et connaît très peu ses valeurs : la séparation de la nudité et de la sexualité (qui pour les naturistes doit rester du domaine de l’intimité), le respect de soi et d’autrui, le respect de l’environnement en sont les bases inchangées.

Le temps des pionniers

Le naturisme, autrefois gymnosophie, est né en France, sous la plume et dans l’entourage du géographe Élisée Reclus, (deuxième moitié du XIXe siècle). Élisée Reclus y voyait à la fois un moyen de revitalisation physique, un rapport au corps complètement différent de l’hypocrisie et des tabous qui sévissaient alors, une conception plus conviviale de la vie en société, et une incitation à respecter la planète. Vers la fin du XIXe siècle, un courant d’idées très proche du naturisme apparaît dans l’Allemagne de l’empereur Guillaume II. À cette époque sexe et nudité sont des sujets tabous (cependant dans le nord de l’Allemagne la nudité existait dans des saunas comme en Scandinavie). La naissance du mouvement naturiste est une réaction forte à une industrialisation grandissante. Dans ces conditions de travail et de vie difficiles, on commence à réfléchir à d’autres manières de vivre. En 1893, Le sociologue hygiéniste Heinrich Pudor écrit un livre intitulé Nacktkultur (Culture du nu), l’une des premières publications à prôner les bienfaits de la nudité sociale. Selon lui, l’Homme a perdu le corps de vue et s’en trouve affaibli. Pudor effectue parallèlement un combat contre la mode des corsets, démontrant ses dangers sur le corps féminin. S’en suit la création de nouveaux types de vêtements féminins, plus amples, dits réformistes que les femmes confectionnaient souvent elles-mêmes. Les concepts décrits par Pudor n’ont pas mis longtemps avant d’être mis en pratique. Au début du XXe siècle, les Wandervogel oiseaux migrateurs mouvement de jeunesse allemand répandent en premier ce concept de retour à la nature par la nudité. Ils prennent pour habitude lors de leurs excursions en pleine nature de se dévêtir entièrement pour profiter d’un bain rafraîchissant au bord d’un lac ou d’une rivière. Ils pratiqueront rapidement d’autres activités nus, telles que la gymnastique en tenue gymnique par exemple. Bien plus qu’une simple nudité : ces jeunes hommes et femmes cherchent à fuir l’enfer des villes, sa pollution et ses excès, souhaitant vivre plus sainement et adoptent le sport et la danse en liberté… À partir de 1902, des magazines paraissent régulièrement sur l’émergence de la culture naturiste. La photographie connaît également un renouveau dans le domaine du nu où les corps sont photographiés en pleine nature, dénués de tout érotisme. En 1903 à Lubeck, on assiste à la création du premier centre gymnique, le Freilichtpark (parc de la lumière libre) par Paul Zimmerman (il fonctionnera jusqu’en 1981). Ces espaces dédiés à la pratique de la nudité collective se développent beaucoup, la plupart du temps de manière associative. C’est en 1918 que le nom de Frei-Körper-Kultur (Culture du corps libre) est adopté. Ce mouvement se diffuse alors dans les pays germaniques (Autriche, Suisse, pays scandinaves, Pays-Bas) avant de gagner la France dans l’entre-deux-guerres, puis l’Amérique du Nord à partir des années 1950.

Le naturisme sous le régime nazi

En 1933, l’élection d’Adolf Hitler est suivie d’une série d’interdictions, notamment en ce qui concerne le naturisme, qu’il considère comme un des pires dangers menaçant la culture et la morale allemandes. Un des dirigeants nazis, Hermann Goering déclare : Le naturisme supprime la pudeur naturelle de la femme et ôte à l’homme tout respect de la femme, portant de ce fait atteinte aux fondements de toute culture digne de ce nom. Par un arrêté le 3 mars 1933, Goering interdit toute baignade et autres activités de plein air dans l’état de nudité sur le territoire allemand. La plupart des publications et revues naturistes sont détruites. L’anti-naturisme des nazis est approuvé par le pape Pie XI. La police nazie est chargée de faire la chasse aux naturistes dans le but d’anéantir leur mouvement et de confisquer leurs terrains. Certains sont emprisonnés, déportés. Les organisations naturistes, surveillées de très près, essaient de continuer leurs activités dans la clandestinité. Les ligues de mouvements de jeunesse, telles que les Wandervogel, sont dissoutes et intégrées dans les jeunesses hitlériennes. Hans Suren, nommé inspecteur de l’éducation physique à la direction du service du travail, apporte un concept nouveau d’éducation physique différenciée selon les races qui entre tout à fait dans le cadre de l’idéologie nazie. Auteur du livre Mensch und Sonne (L’Homme et le soleil), particulièrement apprécié par Hitler, Suren prône un naturisme national, où le concept de race pure germanique est mis en valeur à travers l’exercice physique et la nudité. Celui-ci oblige ainsi chaque individu à entretenir son corps dans une optique eugénique.Le culte de la beauté commence. Les nazis seront finalement convaincus par le discours que quelques naturistes tels que Suren ont su adapter à leur idéologie. En 1935, certains terrains sont rendus aux naturistes les autorisant à pratiquer le sport et les bains de soleil dans le plus simple appareil. Toutefois, le prix à payer est la soumission totale au régime d’Hitler. En adoptant les principes de sélection raciale, les naturistes renforcent ainsi sans l’avoir voulu la propagation des idéaux nazis. Ce n’est toutefois qu’en 1942 que le régime décide de légaliser le naturisme. La baignade nue est à nouveau possible : un nouveau décret est publié autorisant les naturistes à se dévêtir sur les plages ou au bord des lacs dans la mesure où ils sont certains ne pas être vus par des tiers. Après la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la renaissance de nombreuses associations naturistes. Celles-ci rejettent très fortement les dérives imposées par le nazisme, et d’autre part font évoluer leur projet de réforme culturelle et sociale vers une pratique du naturisme surtout réservée aux moments de loisirs et de détente.

L’essor du naturisme en France

  • 1903 S. Gay crée en France, au Bois-Fourgon, une colonie naturiste.
  • 1907 l’abbé Legree, avec l’accord de ses supérieurs, emmène ses élèves se baigner sans maillot dans les calanques marseillaises.
  • 1920, Kienné de Mongeot (l’abbé chez les nudistes) et Yvan De Laval créent le Sparta Club, premier club naturiste.
  • 1922 Jacques Demarquette fonde un camp naturiste à Chevreuse.
  • 1930 2 médecins, André et Gaston Durville, ouvrent un centre dans l’Île du Platais (Physiopolis) où se tint le 1er congrès nudiste. À l’époque, les clubs naturistes pratiquent des thérapies fondées sur les vertus curatives du soleil, de la mer et du vent, la nudité étant le meilleur moyen d’entrer en contact avec ces éléments. L’hydrothérapie était préconisée par le docteur Carton (Enseignements et traitements naturistes pratiques 1936), fondateur de la revue Naturiste.
  • 1931 création du CGF : Club gymnique de France à Villecresnes, qui perdure de nos jours.
  • 1932 création du centre Heliopolis sur l’Île du Levant
  • 1936 Léo Lagrange (1er sous-secrétaire d’État aux Sports et Loisirs), reconnaît officiellement l’utilité du mouvement naturiste.
  • 1944 Albert Lecocq (Franc maçon) et son épouse Christiane créent le Club du Soleil grâce à l’apport des Sections « Vivre » de De Mongeot ; avec l’idée (utopiste ?) d’un club pour chaque ville, un terrain pour chaque club.
  • 1949 ils ouvrent le grand centre de vacances naturistes : le Centre héliomarin (CHM) de Montalivet sur le littoral aquitain.
  • 1950 fondation la Fédération française de naturisme (FFN). Dans le manifeste du Club du Soleil, rédigé par Lecocq en 1950 on pouvait lire : « Le Club du Soleil approuve dans son ensemble la pensée naturiste telle qu’elle s’est dégagée depuis Hippocrate jusqu’à Alexis Carrel » Cette référence à Carrel (auteur de L’Homme cet inconnu) fut reprochée à Lecoq. En effet, s’alarmant du nombre élevé des malades mentaux et des criminels encombrant hôpitaux psychiatriques et prisons, Carrel, pour alléger ce fardeau social et améliorer la race, proposait les grands moyens : dressage par le fouet et élimination des incurables par le gaz grâce à un établissement euthanasique.

Il fallut attendre plus de 50 ans pour que cette phrase soit expurgée des statuts de ceux des clubs du soleil qui maintenaient sans analyse ce manifeste en son entier.

  • 1953 création à Montalivet de la Fédération naturiste internationale (INF-FNI) qui regroupe les Fédérations de tous pays reconnues pour leur pratique d’un naturisme familial et organisé.
  • années 1960 des dizaines de centres naturistes sont créés partout en France. Des militants quittent leurs emplois et se lancent dans l’aventure, défricheurs et gestionnaires de petits centres, ils attirent vers eux les familles naturistes en quête d’une vie simple et naturelle.
  • 1961 ouvre Héliomonde (Essonne) le plus grand terrain naturiste d’Île-de-France (47 ha) dans l’ancienne carrière de grès d’où ont été extraits les pavés de Paris tout proche. Des membres de l’équipe de France de Volley-ball s’y entraînent. Le sport, en tenue gymnique, tient alors une grande place. Le challenge Cortey envoie les meilleurs sportifs des clubs en tournois pour des rencontres en France et à l’étranger (natation, tir à l’arc, ping-pong, volley). Nauténa instaure le critérium à la voile Marcel Dratz (franc-maçon) qui fut naturiste dès 1930 et collaborateur du commandant Cousteau.

Le besoin d’une gestion centralisée amène la création d’une société financière des centres de vacances : la Soc-Nat gère alors le CHM Montalivet, la Genèse, le Ran du Chabrier, Héliomonde. Puis El Portus en Espagne qui posa des problèmes juridico-financiers par la suite.

  • années 1970 La capacité d’accueil des naturistes en Aquitaine est saturée. On obtient les autorisations à la création d’un second et plus vaste Centre de vacances en bord de mer.
  • 1974 adoption de la définition internationale du naturisme : « Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par une pratique de la nudité en commun qui a pour but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et celui de l’environnement ».
  • 1975 Ouverture d’EURONAT. La poussée touristique aidant des plages sont ouvertes ou autorisées au naturisme alors qu’il n’est encore que toléré. La présence naturiste la plus forte est sur le littoral aquitain, où actuellement il y a autant de baigneurs naturistes que de baigneurs en maillot, et sur le littoral du Languedoc-Roussillon (à l’exception de la station balnéaire de Cap d’Agde (quartier naturiste) qui n’est pas naturiste, bien que les baigneurs y soient nus.
  • 1983 Le mouvement naturiste français, par sa Fédération, la FFN, est reconnu mouvement de jeunesse et d’éducation populaire par le ministère de la Jeunesse et des sports. La vie sociale de certains fut simplifiée, le naturisme étant banalisé, les problèmes professionnels inhérents disparurent. Des piscines municipales ouvrent des créneaux horaires aux pratiquants un peu partout. Ses buts atteints, la Fraternelle naturiste maçonnique se dissout d’elle-même. La FFN formait alors ses propres cadres par des BAFA spécialisés « naturistes » et mettait en place sa section Jeunes ALIZEE. Ceux-ci animaient les activités d’été des jeunes enfants des centres de vacances et offraient des spectacles. À Paris, la municipalité ouvre un créneau horaire aux naturistes à la piscine Roger Le Gall. En province aussi les naturistes obtiennent, des piscines municipales, un jour d’ouverture. Des saunas leur réservent un créneau horaire. La mode aidant, des établissements de confort surgissent : Thalasso à Euronat, balnéo au CHM et Bélézy ; attirant une clientèle diversifiée, non naturiste aussi et consumériste.
  • 1993 la Maison du naturisme ouvre à Paris.

Les années 2000

Randonnée nue

Randonnée nue Alors que la licence fédérale était obligatoire pour tout accès à un espace naturiste celle-ci n’est plus exigée que pour l’adhésion à un club affilié. Le nombre de licenciés est en nette régression, alors que les adeptes du « nu intégral » sont de plus en plus nombreux et réclament un droit au nu en tous lieux. La section jeunes ALIZÉE a du cesser ses activités. Les difficultés que rencontraient les hommes seuls sont aplanies dans la plupart des centres de vacances. Il n’en est pas encore de même dans les clubs ou la parité hommes-femmes est à respecter, le naturisme y étant pratiqué essentiellement en famille. En France des plages, des piscines se ferment au naturisme pour diverses raisons invoquées par les municipalités, des centres de vacances changent de propriétaires et perdent leur spécificité naturiste. Dans les années cinquante, la France dénombrait moins de 5 centres et camping naturistes en 2006 ils sont plus de 50 de toutes tailles, du petit centre familial accueillant quelques dizaines de personnes aux grands centres de bord de mer qui en reçoivent plusieurs milliers. La Fédération française de naturisme regroupe 150 clubs au dernier recensement d’avril 2006. La présence naturiste la plus forte se situe sur le littoral aquitain : actuellement, il y a sur la Côte d’Argent autant de baigneurs naturistes que de baigneurs en maillots. Les premiers, et les plus grands centres naturistes se trouvent sur cette partie de la côte Atlantique : Montalivet (commune de Vendays-Montalivet), Euronat (commune de Grayan-et-l’Hôpital), Arnaoutchot (commune de Vielle-Saint-Girons), la Jenny (commune de Le Porge). e littoral du Languedoc-Roussillon connaît aussi une forte présence naturiste, notamment autour de Port Leucate (Aude) et de Cap d’Agde (Hérault). Pas de centre naturiste sur la Côte d’Azur, où le paysage naturel a presque partout disparu sous le béton. Il y a encore quelques plages naturistes, en particulier au Cap Taillat (commune de Ramatuelle, dans le Var), grâce au Conservatoire du littoral qui a sauvé ce secteur. Il est à noter que les calanques marseillaises sont fréquentées par les naturistes depuis 1929. La célèbre et splendide Île du Levant possède un village naturiste, Héliopolis, ouvert à tous les publics. À Héliopolis le bord de la mer doit impérativement rester libre et accessible à tous, aucune privatisation de la bande littorale n’est acceptée. Au XXIe siècle ce principe naturiste et écologiste y reste toujours en vigueur, contrastant avec le béton envahissant du littoral de la Côte d’Azur. Les copropriétaires naturistes d’Héliopolis ont « gelé » à leurs frais une vaste zone boisée, où toute construction est interdite, qui constitue une réserve naturelle ouverte au public. Les années 2000 voient surgir la pratique non autorisée de la randonue. De la simple balade en forêt à des excursions plus sportives dans des zones montagneuses ou accidentées, il s’agit là d’associer la sensation de bien être causée par la nudité à la découverte de coins de nature. C’est donc une forme de naturisme sauvage qui se développe hors des centres autorisés, même si ceux-ci peuvent servir de lieu d’hébergement ou de point de départ. 2007 Pour cette première édition de la Fête de la nature (19 et 20 mai), seul un club naturiste-naturaliste est labellisé, la FFN étant absente de cette manifestation naturaliste. Critiques du naturisme L’idéologie naturiste a souvent été critiquée ou du moins tournée en ridicule, principalement pour des raisons d’ordre culturel ou religieux, mais aussi par des personnes qui ne supportent pas la vue de corps nus. En France l’esprit de la loi sépare l’exhibitionnisme du naturisme, mais le texte insuffisamment explicite amène parfois une interprétation restrictive de la part de la police et de certains maires. Cependant, au pire la police se contente de demander aux gens nus de se rhabiller, personne n’est condamné pour une baignade nue non exhibitionniste.Certains lieux ont été transformés en espaces de sexualité en public par des personnes que les naturistes refusent de considérer comme étant des leurs : en particulier une partie de la plage de Cap d’Agde est devenue un haut lieu de l’échangisme et du libertinage. L’opinion publique faisant souvent l’amalgame entre les naturistes et les exhibitionnistes… Certains spécialistes de l’enfance s’interrogent sur les effets à long terme du naturisme sur la psychologie de l’enfant, y voyant un danger notamment vis-à-vis de la confrontation avec la nudité de ses parents. D’autres spécialistes n’y voient que des avantages éducatifs quand elle est saine. Quant aux naturistes, ils évoquent la tradition de la nudité familiale dans les saunas scandinaves, tout comme l’expérience de plusieurs millions de familles naturistes. En famille, la nudité familiale est bénéfique pour l’équilibre psychologique des enfants et seule la nudité parentale dans un contexte anormal et ambigu pose problème. La banalisation croissante de la nudité sur de nombreuses plages est contredite dans quelques rares villes de France. L’américanisation grandissante de la société française provoque chez une partie des adolescents un rejet du naturisme, sous l’influence des modes vestimentaires et d’une conception puritaine des corps. Cette rigidification pendant l’adolescence s’accompagne de la « culture jeune » de plus en plus étrangère à l’idée de paraître nu dans un espace public. Piercings, tatouages, culte de la marque et du logo : tout ceci participe d’une construction permanente de l’identité (changeante) sur laquelle le sujet jeune tente d’exercer un dernier contrôle, avant l’âge adulte. Cette théâtralisation permanente des corps est rigoureusement à l’opposé d’un nu naturel, qui marque une certaine acceptation de soi, une sortie hors de son image sociale, et de la sphère de la séduction. Mais fréquemment les adolescents reviennent aux espaces naturistes, vers 20-25 ans ou devenus parents à leur tour.

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